07.09.2017, 19:10  

Crans-Montana: Quand les golfeurs pètent les plombs

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Il n’est pas rare de voir des joueurs lâcher et jeter leurs clubs au sol par frustration.

 07.09.2017, 19:10   Crans-Montana: Quand les golfeurs pètent les plombs

European Masters de Crans-Montana - Un jet de club, des jurons ou des invectives, les joueurs de golf peinent parfois à contenir leur frustration après un coup manqué ou lorsqu’ils sont importunés par un adversaire ou le public. Comment les professionnels gèrent-ils leurs émotions lors de l'Omega European Masters de Crans-Montana?

Chaque athlète possède une part d’ombre qui l’oppose à son talent, ce moment où le sportif craque sous la pression, manque un coup ou un shoot, s’énerve, s’invective avec un adversaire, voire pète les plombs. On ne recense plus le nombre de joueurs tapant du poing ou cassant leur matériel à l’image de ces tennismen qui déchargent leur frustration sur leurs raquettes.

Les golfeurs sont tout autant soumis à ce phénomène. «Et je peux...

Chaque athlète possède une part d’ombre qui l’oppose à son talent, ce moment où le sportif craque sous la pression, manque un coup ou un shoot, s’énerve, s’invective avec un adversaire, voire pète les plombs. On ne recense plus le nombre de joueurs tapant du poing ou cassant leur matériel à l’image de ces tennismen qui déchargent leur frustration sur leurs raquettes.

Les golfeurs sont tout autant soumis à ce phénomène. «Et je peux vous assurer qu’ils sont fréquents», sourit Tommy Fleetwood, numéro un européen. «Simplement, on les voit peut-être moins souvent à la télévision, car on ne filme pas l’intégralité des parcours. Et lors des résumés, seuls les plus beaux coups sont mis en évidence.»

 

 

Matériel brutalisé

Il n’est dès lors pas rare de voir un golfeur perdre ses nerfs après un drive ou un put manqué. Le plus souvent ce sont des clubs qui valsent à l’image de ceux de Sergio Garcia, vainqueur de l’European Masters de Crans-Montana en 2005. «Il a l’habitude de péter les plombs», rigole l’ancien golfeur professionnel valaisan Steve Rey. «Il fait partie de ces joueurs latins qui ont un tempérament bouillant.» L’Espagnol s’était notamment fait remarquer en 1999 en balançant l’une de ses chaussures de rage après avoir glissé lors d’un match-play.

>> A lire aussi: le tenant du titre de l'European Masters de Crans-Montana Alex Noren se confie

Les vidéos du Belge Thomas Pieters, de l’Allemand Sven Struver, de l’Américain Woody Austin et même de l’ancien numéro un mondial Rory McIlroy s’acharnant sur leur matériel sont devenues virales sur internet. La palme revient au Sud-Africain Ennie Otto qui avait cassé ses quatorze clubs lors du South African Masters de 2001 avant de les jeter dans une rivière en rentrant à la maison.

 

 

Une langue qui fourche

Si le matériel subit le plus souvent l’agacement des joueurs, le ton monte aussi facilement sur les greens. Le fantasque américain Bubba Watson est notamment connu pour ne pas avoir la langue dans sa poche. Il peut devenir fou si le jeu n’avance pas ou s’il y a trop de vent, comme il s’en prend aux spectateurs ou autres golfeurs. Et il n’est pas le seul. «Il y a toujours beaucoup de jurons dans les tournois», poursuit Steve Rey qui explique que certains organisateurs souhaitaient faire la guerre au langage fleuri. «Lors d’un tournoi continental au Canada il y a une dizaine d’années, ils voulaient mettre des micros aux joueurs pour les responsabiliser.»

Si la plupart du temps les golfeurs s’énervent contre eux-mêmes, il arrive parfois que la tension grimpe entre deux adversaires notamment lorsqu’ils s’affrontent lors de tournoi en match-play comme lors de la Ryder Cup.

 

 

Des sanctions pour antisportivité

Avec le temps, les golfeurs se sont tout de même assagis. «Les jeunes sont mieux éduqués aujourd’hui qu’à l’époque. Désormais, on leur apprend à gérer leur mental et leurs émotions. Les anciens, comme Ballesteros, avaient leur humeur et s’énervaient plus facilement contre le bruit ou les photographes.» Les joueurs sont aussi maintenant confrontés au règlement qui les pénalise pour comportement antisportif. Les organisateurs peuvent ainsi distribuer des coups de pénalité, des amendes et même exclure des joueurs.

Self-control pour performer

Le self-control est ainsi devenu une composante majeure de la performance. «Lorsque tu t’énerves, tu perds l’influx et le relâchement nécessaires pour jouer correctement», explique Pascal Schmalen, directeur du Golf-Club de Crans-sur-Sierre et ancien professionnel. «Il faut trente minutes pour que ton corps se remette à l’heure. La positive attitude est la meilleure position à adopter en se focalisant sur un nouveau challenge: le prochain coup à jouer.»

>> A lire aussi: La délicate opération de l'entretien d'un golf en altitude à Crans-Montana

Un contrôle de soi qui s’acquiert souvent avec les années de pratique. «Quand j’étais plus jeune, mon père devait me contenir», se remémore Tommy Fleetwood. Le Suédois Alex Noren reconnaît avoir briqué des clubs durant ses premières années sur le circuit. «Lorsque tu joues bien, tu te concentres immédiatement sur le trou suivant. Le piège est lorsque tu n’es pas au top, tu t’enfermes sur un coup manqué et tu répètes la même erreur.» Pour le 12e joueur mondial, l’accomplissement du swing «demande autant de technique que de mental». «Si l’un de ces deux facteurs n’est pas optimal, tu ne peux scorer.»

Et petit rappel: ce n’est jamais la faute du matériel.

Trois hommes en tête après le premier tour à Crans-Montana

Ils sont trois hommes en tête après le premier tour de l’European Masters de Crans-Montana: l’Australien Scott Trend, l’Anglais Tyrrell Hatton et l’Espagnol Miguel Angel Jimenez qui, du haut de ses 54 ans, tient ses promesses à savoir concurrencer la nouvelle génération. Le trio, qui a concouru le matin, a rendu une carte de 64 soit -6 sous le par. Le tenant du titre Alex Noren a tout juste atteint le par et se trouve actuellement 56e. Pour rappel, seuls les 65 premiers après le 2e tour vendredi soir passeront le cut.

 


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