17.07.2017, 00:01  

Un Tour en plein chantier

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Chris Froome tire la langue, mais le porteur du maillot jaune ne lâche pas sa tunique pour l’instant.

 17.07.2017, 00:01   Un Tour en plein chantier

Par Julian Cervino

Les quatre premiers coureurs du Tour de France sont séparés par 29 secondes après quinze étapes: du jamais vu depuis 1951. Les favoris s’attaquent de toutes parts et se disputent chaque miette de temps, comme lors de ce dernier week-end. Si Chris Froome a repris le maillot jaune samedi, le Britannique a été mis sous pression hier par Romain...

Les quatre premiers coureurs du Tour de France sont séparés par 29 secondes après quinze étapes: du jamais vu depuis 1951. Les favoris s’attaquent de toutes parts et se disputent chaque miette de temps, comme lors de ce dernier week-end. Si Chris Froome a repris le maillot jaune samedi, le Britannique a été mis sous pression hier par Romain Bardet et ses coéquipiers. Et ce n’est pas terminé.

«Je suis content d’avoir survécu», lâchait Chris Froome sous le regard de Notre-Dame du Puy-en-Velay. On ne sait pas si le Britannique a eu droit à une assistance divine hier, mais il a eu très chaud lorsqu’il a connu un problème mécanique (rayon de sa roue arrière brisé) à une quarantaine de kilomètres de l’arrivée. Son coéquipier Michal Kwiatowski lui a refilé sa roue et il a pu parer au plus pressé.

«C’était le plus mauvais moment pour avoir ce genre d’ennui et cela fut très stressant, avouait Froomey. Romain Bardet et son équipe avaient lancé leur offensive et je savais que je devais revenir avant le sommet du col de Peyra Taillade, sinon j’aurais perdu mon maillot jaune. Je suis heureusement parvenu à le sauver grâce à l’aide de mes coéquipiers Mikel Nieve puis Mikel Landa.» Son tricot ne tient qu’à un fil, mais le Kényan blanc est content de se retrouver dans cette situation avant la dernière semaine de course.

Pas de répit

Il faut dire que le Britannique avait bien joué le coup samedi pour ravir le jaune à Fabio Aru, esseulé et mal placé avant l’arrivée escarpée à Rodez. Hier, le bénéfice de cette opération aurait pu être gaspillé lorsque l’AG2R a tenté un coup de force au passage d’un pont sur l’Allier. Sur ses routes, l’Auvergnat Romain Bardet avait tout prévu. Il a voulu provoquer la pagaille et il a encore tenté sa chance dans une descente. Il a en partie échoué, mais le Tour demeure en plein chantier.

Nairo Quintana largué

Certes Nairo Quintana, définitivement largué hier, est le seul grand perdant de la bataille dominicale, mais le message est clair: les favoris n’ont plus droit à une seconde de répit. Dan Martin l’a prouvé en lançant une dernière offensive dans le final et il a grappillé 14 secondes à Froome. Sans les 1’15’’ perdu dans la descente du mont du Chat, lorsque Richie Porte l’a entraîné dans sa chute, l’Irlandais (actuel 5e à 1’12’’) pourrait être leader de l’épreuve. Rageant…

Avec Rigoberto Uran (4e à 29’’), le coureur de Quick-Step fait figure de gros outsider avant l’explication dans les Alpes. Et elle s’annonce corsée. «Chaque seconde sera importante, souligne Chris Froome, pas perturbé par les sifflets du public hier. Nous nous attendions à ce que la situation soit aussi serrée et nous courons en fonction de cela. J’ai confiance en mon équipe, mais je m’attends à une course très agressive avant le contre-la-montre de Marseille samedi prochain.»

Le Britannique a raison de se méfier. Fabio Aru (2e à 18’’) ne va pas manquer une occasion de se venger après avoir perdu le maillot jaune samedi. Très agressif et soutenu par toute la France, Romain Bardet (3e à 23’’) a annoncé qu’il se battrait jusqu’au bout. «Nous allons encore essayer de mener d’autres offensives, prévenait son coéquipier Mathias Frank. Nous avons confiance en Romain Bardet, il a les jambes pour gagner le Tour.»

Le coureur suisse se méfie surtout de Chris Froome «notre plus grand rival, mais il ne faut négliger les autres adversaires. Notre objectif est de disperser le team Sky et nous y sommes parvenus cette fois (hier). Nous étions six en tête (contre deux coureurs de Sky) et cela démontre notre force. Je suis content d’avoir enfin pu aider mes coéquipiers dans cette action. Avant, j’étais frustré de ne pas pouvoir assister notre leader. Maintenant, nous devons continuer sur cette voie.» Le jour de repos (aujourd’hui au Puy-en-Velay) va faire du bien à tout le monde avant une dernière semaine qui s’annonce palpitante.

Bauke Mollema, Le Hollandais volant succède à l’Australien atypique

Habitué à se battre pour une place au général des grands tours, Bauke Mollema (6e du Giro cette année) s’est consolé hier en remportant sa première étape sur le Tour de France. Le Hollandais volant a réalisé un très joli numéro en prenant la poudre d’escampette à 26 km de l’arrivée et en surprenant tous ses compagnons d’échappée. «Mon objectif est différent cette année sur le Tour, puisqu’Alberto Contador est notre leader, racontait Bauke Mollema après son triomphe en Auvergne. Aujourd’hui, j’avais l’autorisation de partir en échappée et j’en ai profité. Je suis heureux d’avoir enfin gagner une étape sur le Tour. Je pense que je pourrai encore me battre l’année prochaine pour le classement général comme je l’ai fait sur le dernier Giro mais là, cette victoire me comble.» Chapeau! jc


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