07.09.2017, 05:30  

Transferts: le hockey est plus raisonnable que le football

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En hockey, les transferts ne se négocient pas en millions. Par rapport au foot, les unités de formation valent presque des centimes.

 07.09.2017, 05:30   Transferts: le hockey est plus raisonnable que le football

argent - Contrairement au football, où chaque mouvement d'un club à l'autre se négocie en millions de francs, il n'y a pas de sommes échangées lors d'un transfert dans le milieu du hockey. Les clubs paient des unités de formation.

Le hockey pourrait-il s’inspirer du football et se mettre à brasser des millions pour acquérir le futur international ou la prochaine perle? «Non, assurent les observateurs. D’abord, les clubs n’ont pas suffisamment de «cash» pour débourser de tels montants. Il y a peu de risque pour que cette pratique se généralise. Ensuite, ce n’est pas dans notre culture, ni dans les mœurs, que de faire du «business» sur le dos des joueurs.»

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Le hockey pourrait-il s’inspirer du football et se mettre à brasser des millions pour acquérir le futur international ou la prochaine perle? «Non, assurent les observateurs. D’abord, les clubs n’ont pas suffisamment de «cash» pour débourser de tels montants. Il y a peu de risque pour que cette pratique se généralise. Ensuite, ce n’est pas dans notre culture, ni dans les mœurs, que de faire du «business» sur le dos des joueurs.»

Les exceptions à cette règle sont à ce point rares qu’elles ont marqué les esprits à l’instar de Kevin Romy, débauché de GE Servette par Lugano en 2005 et avec l’assentiment de Chris McSorley qui avait réalisé, ce jour-là, une juteuse opération financière via une indemnité de 660 000 francs. Pourquoi n’y a-t-il pas davantage de transferts de ce type en Suisse? «En théorie, les ruptures de contrat pourraient aussi se monnayer au coup par coup, précise un agent de joueurs. Mais ce n’est pas dans notre mentalité. Tant mieux, d’ailleurs. Ainsi, le joueur n’est pas une marchandise entre les mains des dirigeants.»  «D’ailleurs, un joueur qui rompt son contrat pour s’engager ailleurs s’expose à une pénalité conséquente, explique Sébastien Pico, manager du HC Viège. Les montants à titre de dédommagement (ndlr: 1 million si le club acquéreur est en LNA, 600 000 francs s’il est en LNB) sont assez dissuasifs pour que la pratique reste exceptionnelle.»

«Le coût des unités de formation est assez modeste.»

En règle générale, un club attend donc que le joueur soit en fin de contrat pour s’y intéresser. Libre, il peut désormais changer de maillot. Jusqu’à 22 ans, le club acquéreur n’aura à régler que les unités de formation à ses clubs précédents. Des montants dérisoires en comparaison des salaires pratiqués et des sommes déboursées sur les terrains de foot. «A Viège, la balance négative entre l’argent que l’on doit aux clubs et celui que l’on encaisse pour les joueurs formés chez nous et désormais à l’extérieur, c’est un montant à cinq chiffres», sourit Sébastien Pico.

En résumé, parce que le calcul est assez complexe par rapport à la ligue et au nombre de matchs disputés dans les différentes catégories de jeu, tous les joueurs âgés entre 6 et 22 ans valent des unités de formation à son ou ses clubs formateurs. La nouvelle organisation règle ainsi une location aux clubs précédents. «A Viège, le montant maximal que l’on verse pour un joueur, chaque année, est de 15 000 francs. En hockey, il n’y a pas de place à l’interprétation. Quant aux étrangers, il n’y a pas le moindre franc à débourser. Ce système est assez juste parce qu’il évite la surenchère et qu’il récompense les clubs formateurs. Ceux-ci étaient prétérités puisque les joueurs quittent toujours plus tôt les clubs où ils ont grandi.»

Il n’y a pas de période de transferts

Grasshopper, en LNB, réputé pour aligner essentiellement des jeunes, peut percevoir des montants de plusieurs centaines de milliers de francs. Ces unités de formation sont encaissées par le club qui possède la licence A du joueur. «Quand Berne nous prête un joueur en licence B, celle-ci n’est pas à notre charge par contre nous ne percevons pas ses unités de formation quand bien même il disputerait toute la saison à la Litternahalle», précise le dirigeant haut-valaisan. «Les clubs dépensent davantage pour les salaires ce qui profitent directement aux joueurs», relève notre agent.

Chaque organisation a aussi le loisir de coucher trois noms sur une liste protégée qui assure, pour un futur transfert, une majoration de 30-40% de sa location.

Un seul transfert par saison

Le système des transferts serait quasi idéal si les clubs s’appuyaient sur le même contingent, du début à la fin de la saison. Or, les transferts et les prêts, surtout, via les licences B, sont monnaie courante en plein exercice. Il n’y a pas de période de transfert. «Non, mais le principe des licences B permet à chacun d’évoluer dans la catégorie qui lui correspond et où il pourra continuer à progresser. Sinon, les transferts ne sont pas si nombreux durant la saison.»

En 2015, afin d’éviter qu’un joueur ne fasse le tour de la Suisse, les clubs avaient décidé de limiter ses mouvements à un seul transfert en cours de saison. En cas de retour dans son club d’origine, il devra purger un match de suspension. «Pour conclure, la ligue a su instaurer des garde-fous à tous les niveaux afin d’éviter la surenchère et certaines dérives», se réjouit Sébastien Pico.

Vincent Praplan: «Les contrats sont mieux respectés»

Que vous inspire les montants dépensés dans le foot?
Ils n’ont aucun sens. Comment peut-on valoir 250 millions? J’admets volontiers qu’il y a plus d’argent, plus de sponsors et de spectateurs en foot qu’en hockey et que l’achat d’un joueur, finalement, est un investissement qui ne coûte pas si cher aux clubs. Mais n’y aurait-il pas moyen d’utiliser plus intelligemment cet argent?

Enviez-vous les joueurs de foot qui valent des dizaines de millions?
Non parce qu’ils ont perdu le sens des réalités. Ils vivent dans un autre monde. Ces montants, c’est presque stupide. Je suis mieux dans le hockey d’autant que je gagne bien ma vie comme ça.

Le système des unités de formation est-il plus juste?
Il valorise davantage la formation et les clubs qui s’investissent pour les jeunes. En Suisse, on attend que les contrats arrivent à terme avant d’approcher un joueur. C’est rare que l’on casse un contrat.

Par contre, les mouvements d’un club à l’autre ne cessent jamais...
Il n’y a pas de période pour les transferts, c’est vrai. Il arrive qu’un joueur s’engage dans un club rival alors qu’il porte toujours le maillot de son club. Ça ne me gêne pas, au contraire. C’est bien qu’un joueur puisse se libérer en tout temps et changer d’équipe en cours de saison. Quand il ne se plaît plus dans une place, autant qu’il puisse s’en aller tout de suite plutôt qu’il se morfonde dans un club. Mais il n’y a pas tant de mouvements que ça.

Aimeriez-vous connaître votre valeur sur le marché des transferts?
Oui et non. Ce serait intéressant de savoir ce que l’on vaut par rapport à ses performances. En même temps, on pourrait perdre certaines valeurs. Ça pourrait aussi créer des problèmes dans une équipe de savoir combien a coûté tel joueur compte tenu du nombre de points qu’il réalise.


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