06.09.2017, 12:00  

Collombey-Muraz: le secrétaire communal prend sa retraite

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Gérard Parvex a passé 45 ans à travailler pour la commune de Collombey-Muraz.

 06.09.2017, 12:00   Collombey-Muraz: le secrétaire communal prend sa retraite

Collombey-Muraz - Gérard Parvex a commencé à travailler à la commune de Collombey-Muraz il y a 45 ans. Depuis 1985, il en est le secrétaire communal. A presque 63 ans, il décide de tirer sa révérence. Portrait.

«J’ai commencé à travailler à la commune par un  apprentissage, en septembre 1972. Je quitterai mes fonctions 45 ans, mois pour mois, après mon arrivée. Mais je ne compte pas les jours et encore moins les heures avant ma retraite.»

Alors qu’il s’apprête à se faire remplacer par Laurent Monnet, La couleur de la barbe de Gérard Parvex est assortie au teint de ses cheveux. Elle fait plus que tirer sur le blanc. Pourtant,...

«J’ai commencé à travailler à la commune par un  apprentissage, en septembre 1972. Je quitterai mes fonctions 45 ans, mois pour mois, après mon arrivée. Mais je ne compte pas les jours et encore moins les heures avant ma retraite.»

Alors qu’il s’apprête à se faire remplacer par Laurent Monnet, La couleur de la barbe de Gérard Parvex est assortie au teint de ses cheveux. Elle fait plus que tirer sur le blanc. Pourtant, même si celui qui est secrétaire communal de Collombey-Muraz approche de ses 62,8 ans – «j’ai effectué le calcul» -, son énergie laisse à penser qu’il aurait pu rester en place encore quelque temps. «Mais je n’ai pas envie de faire l’année de trop. J’ai mûrement réfléchi à tout ça», assure celui qui est grand-papa de six petits-enfants, dont deux habitent à Singapour.

A l’heure de l’interview, Gérard Parvex semble visiblement prendre garde à ne pas trop se livrer. Ce qui n’étonne pas du tout Antoine Lattion. «Avant d’être élu président en 1984, j’étais moi-même secrétaire communal», résume celui qui a dirigé l’Exécutif de 1985 à 2000. «Gérard, je le connais depuis qu’il a 20 ans. Nous sommes même parents, vu que nous avons épousé deux sœurs. Mais nous avions demandé les avis juridiques nécessaires. Il n’y a jamais eu incompatibilité.» Et d’esquisser un petit sourire: «Sa nature n’est pas d’être expansif ni explosif. Il est très ordonné et efficace. Mais dans le privé, il sait se lâcher un peu.» L’actuel président Yannick Buttet hoche la tête: «Derrière son côté bourru et un peu bougon, Gérard est très sensible. Et c’est aussi un excellent cuisinier!»

Témoin d'une évolution constante

Souvent défini comme «la mémoire vivante de la commune», président de la bourgeoisie de 2000 à 2016, le sexagénaire a vécu de l’intérieur l’évolution d’une collectivité à la croissance devenue exponentielle. «Quand j’ai commencé, environ 2400 personnes vivaient ici. Au 31 juillet, ce chiffre se monte à 8933. Une augmentation de 372%!»

Ce développement n’a pas été sans impacter son rôle. «Je n’ai pas fait d’études supérieures et ai tout appris sur le tas et maintenu une constante mise à niveau par des cours spécifiques. Dans la foulée de mon apprentissage, j’ai été en charge à 50% de l’administration et à 50% de la police des habitants/constructions. J’allais avec la police vérifier l’implantation des bâtiments. Il fallait être vraiment polyvalent.» Antoine Lattion rebondit: «Avant sa nomination à son poste actuel, il était un bras droit indispensable. Il était au courant de tout et me remplaçait au besoin.»

 «Depuis mes débuts, le métier a changé du tout au tout», reprend l’intéressé. Ce qui a conduit, dès 2008, à une phase de transition. «Le conseil a lancé une analyse du fonctionnement général, pour mettre en place en 2012 une modification d’envergure. Les services ont vu des chefs nommés à leur tête et le secrétaire est devenu un coordinateur, faisant le lien direct avec l’exécutif. Je n’étais pas forcément très favorable à tout ça. Mais ce n’était pas de mon ressort de le décider. Car toujours, les rôles ont été bien définis.» Ce constat, Yannick Buttet le partage. «Sa tâche et son environnement ont complètement muté. Il a su s’adapter. En donnant son avis au besoin, mais toujours en respectant les décisions politiques.»

Sous les feux de la rampe

Dans la foulée de cette réforme et de l’instauration du conseil général, la nouvelle structure a donné lieu à bien des débats au sein du législatif, avec en point de mire la question des salaires. Quand on lui demande si ces événements ont laissé des traces, le futur retraité tempère: «C’est surtout le conseil qui était visé, à travers la classification des fonctions et des rémunérations attribuées. J’ai certes été en première ligne, mais j’ai tâché de ne pas prendre tout ça à titre personnel.»

S’il avoue avoir passé quelques mauvaises nuits durant cette période, «tout ça s’est arrêté là. Ça ne m’a pas incité à partir plus tôt», assure-t-il.

Des souvenirs secs et humides...

Puisant dans sa mémoire, Gérard Parvex préfère se rappeler de certaines mésaventures plus sympathiques. «En 1986 avait sévi une sacrée sécheresse. Pour approvisionner les citoyens en eau, nous avions dû mettre en place des motopompes qui appartenaient à la protection civile.» Antoine Lattion s’en souvient aussi. «Chaque heure et demie, il fallait rajouter de la benzine. Gérard a fait partie du tournus.» Celui-ci confirme: «Je mettais le réveil à 2 heures du matin pour ne pas oublier de me lever. La population n’a jamais manqué d’eau!»
 

La question fusion

Le terme de fusion a été évoqué entre Collombey-Muraz et Monthey. Quel est votre avis sur la question?

Je préfère le terme de rapprochement, que je vois comme inéluctable en terme de services et de prestations. Quand on voit les comptes des communes, on se rend compte que les charges liées sont toujours plus importantes. Si on veut être fonctionnel, c’est nécessaire. Est-ce que cela débouchera sur une fusion? Il faut analyser les conséquences politiques, la répartition des moyens et des forces. Je ne me prononce pas car je ne me suis pas encore fait mon idée.»


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